Grand Raid Verbier Grimentz 2017

Cette course c'est la 4e fois que j'y participe.
L'an dernier j'y avais fait une belle perf en passant enfin sous les 10h avec un temps de 9h36.
Je sortais d'un bon bloc d'entrainement spécifique vélo en préparation de l'evergreen, avec un affûtage correct. Bref j'étais en forme, reposé et j'avais performé.

Cette année c'est un peu le même plan, course de préparation pour l'evergreen, je sors d'un gros bloc d'entrainement, par contre J'ai été bien malade il y a 1 mois, et depuis mes perfs à vélo sont très moyenne, bien en deça de ce que je faisais avant l'alpsman (pour les geeks, j'avais perdu 30w sur mon FTP et j'ai réussi à en reprendre que 15)

D'un autre côté je fais 2kg de moins que l'an dernier et le vélo à perdu 1kg lui aussi. (Pas de tube de selle téléscopique, nouvelle roue, nouveau groupe de transmission). Donc ça devrait largement compenser le manque de watts.

Cette année je retrouve mon vieux pote de vélo Laurent, avec qui j'avais participé au GR en 2014, il fini toujours 2h devant moi, lui c'est un vrai costaud en vélo.
J'espère bien limité les dégats cette année.

On campe dans nos voitures respectives en bas du télécabine de Verbier avec l'intention de rentrer en vélo/train plutôt que de prendre le bus. (Ca c'est le plan initial ...)

Je pars vendredi après midi, fait une pause à Versoix pour nager un peu, et arrive à Verbier vers 17h.
Il y a un peu de monde au contrôle technique, mais ça met dans l'ambiance.

Le vélo est réglé aux petits oignons, et ce contrôle n'est qu'une formalité.
Le sticker du contrôle technique:

J'attends ensuite Laurent sur le parking en essayant mon nouveau maillot
Comme vous le voyez le ciel est assez couvert. La météo a été une grosse préoccupation toute la semaine. Une grosse cellule orageuse est prévu pour ce weekend et les prévisions tournent autour de la course.
Au final c'est prévu pour la nuit et ça devrait se dégager rapidement le matin.

Bon Laurent est à la bourre, je redescend au Chable me garer pour la nuit

Et je me prépare mon repas d'avant course. MIAM

Oui je cuisine dans le camion car il commence à pleuvoir

Maintenant il ne me reste plus qu'à attendre Laurent et dormir.

L'orage éclate vers 21h et on prend cher toute la nuit.
Mais comme prévu au réveil il ne pleut plus, ouf.

Je vais donc pouvoir partir assez léger.
Le matos:
Mon bon vieux canyon 29 pouces, monté sur des conti X-King gonflé à 1.8kg.

Cuissard rapha
Maillot rapha brevet avec coupe vent intégré
Manchons
Bandeau compressport
Gant fox ascent
Et les lunettes transparentes decat
Un coupe vent decat attaché au cadre.

Dans les poches: 6 fajitas, 6 gels noisettes et 6 figues.

On prend le télécabine, et nous voilà sur la ligne de départ.

C'est encore bien couvert, espérons que ça se dégage vraiment.

Mon plan de course est simple, je vise les mêmes intensités que sur l'evergreen
soit 235W de moyenne dans les bosses, et comme je peux le reste du temps.
Ca paraît pas beaucoup pour une course cycliste seul, mais tenir les watts en VTT et beaucoup plus dur que sur la route. Donc en visant la même intensité, je sais que je vais bien bosser pour préparer l'evergreen.
Et puis j'ai le "ghost" de l'an dernier sur ma montre.
Oui je vais savoir en permanence ma position par rapport à ma course de l'an dernier, mon but, rester à peu près dans les mêmes temps jusqu'au mandelon, puis prendre du temps dans les montées, car j'avais un peu faibli sur la fin l'an dernier. Avec peut être 20-30' à prendre au temp final, donc pas loin des 9h.

Et c'est parti. Laurent s'envole, et moi j'essaye de pas trop me laisser griser par le départ.
Je suis vite au dessus des 250w et j'essaye de temporiser.
Une fois que le peloton s'étire, j'arrive à réduire l'intensité et me poser dans mon effort.
J'arrive en haut de la 1ère bosse avec 1' d'avance sur l'an dernier, et l'analyse d'après course me montre un cardio moyen identique, et je suis bien dans les 235w moyen cible, parfait.

Je me fait doubler par un gars et je lui prend la roue, c'est une des seules portions plates de la journée, et je ne vais pas me priver d'un bon draft pour ne pas perdre de temps ou d'energie.

Et c'est parti pour la descente où je m'étais vautré en 2012, j'assure dans les virages et je recherche la vitesse dans les lignes droites. Ca remonte un paquet de monde.

La remontée au dessus de Nendaz passe au rythme voulu, l'écart avec l'an dernier oscille autour des 2' maintenant.
Je crois Eric à Nendaz qui me prend en photo au passage.

J'ai bien la pêche, ça défile, le temps semble passer plus vite qu l'an dernier.
C'est parti pour mayen de l'ours. Je prend le ravito en roulant, pas de perte de temps, et je grignotte sur mon ghost :)
Bon sur la partie bitume pas de soucis, mais sur le chemin ça commence à être dur de tenir l'intensité, seulement 2h de course, zut.
222w de moyenne sur cette bosse de 25'

Et c'est encore pire à la suivante avec seulement 203w sur le segment Grand Serandes.

Descente technique vers Heremence et c'est parti pour l'ascension du Mandelon en 3 étapes, une première bosse jusqu'à Riod, 200w, c'est vraiment moyen, mais l'écart avec l'an dernier reste constant.
Une portion plate, puis la grosse ascension avec d'abort la partie bitume, et là ça va mieux: 215w et je commence à bien grapiller du temps sur le ghost.
Arriver au ravito au 3/4 de la bosse, j'ai 4' d'avance.
Par contre la fin va être vraiment pénible et je reperd 1'.
Arrive la portion bien technique du "plat du mandelon" ou je fais quasi le même temps que l'an dernier.
Par contre j'ai bien géré mon alimentation dans la montée et je peux attaquer la descente directe sans me ravitailler, j'attaque fort cette descente, et je reprend un paquet de temps. J'arrive en bas avec 8' d'avance.

Une copine de fac est dans les parages et suit la course avec sa famille. Je ne les reconnais pas car je passe en éclair, mais je me souviens après course de leurs encouragements "Allez Thomas, tu vas gagner", ça m'a fait sourire sur le coup car j'avais déjà 2h de retard sur la tête de course :)

Bon voilà fini de rigoler maintenant, me voilà à Evoléne, et c'est toujours là que la course devient difficile.
La montée vers Eison m'est toujours pénible. Bon je ne vous parle pas du sprint garmin et je n'ai pas réussi à passer la passerelle métalique au dessus de la route sur le vélo. Ouch ça sent le roussi.
J'attaque la bosse sans vraiment attaquer, j'ai chaud, j'ai mal aux cannes, ça va être dur.
En plus ma selle s'est inclinée vers l'arrière pendant la descente du mandelon. Bon une petite pause ne va pas me faire de mal. Je m'arrête à l'ombre, sort la trousse à outil de ma poche, et redresse la selle. 1'30 de perdu sur le ghost, rien de grave.
Par contre je n'ai pas le bon rythme dans la montée, je subi. Les watts se maintiennent autour de 200, mais que c'est dur.

Le passage dans les bois se passent plutôt bien et je reprend même un peu de temps, et c'est avec 6' d'avance que j'entame la montée à l'Avieille.

Je commence par faire une pause, je me déleste de la dernière tortilla que je n'arriverai pas à manger. Il fait chaud, je m'arrose le casque et commence la montée.
Bon direct ça va pas. Le cardio ne monte pas, les watts sont à raz les paquerettes, ça va être long, très long.

Le ghost me reprend du temps. Je me souviens très bien l'an dernier avoir réussi à relancer la machine dans cette bosse après avoir subi dans Eison. Là ça veut pas. Et je sais ce qu'il me manque, le bon vieux gel coup de fouet. Je pensais pouvoir m'en passer en gérant ma nutrition tout au long de l'effort, mais là, le petit coup de sucre qui permet d'envoyer, il me manque.

Rahhh je perds du temps, 4', 3'30, 2'. Il se rapproche ce con, et je me fais doubler par pas mal de monde.
A mi pente c'est fait, je passe en négatif, mon ghost m'a doublé. A ce moment là j'essaye de m'accroche à un gars qui me double, mais je tiens pas 200m.

Je pose le pied à terre, sort le téléphone et envois un message à Laurent:
"Ne m'attends pas je suis sec dans la veille" Vu l'état du bonhomme, et sachant qu'il y a encore le portage et la grimpée du Basset de Lona à 2800m derrière, je sais que je vais prendre cher. Je me vois déjà finir en plus de 10h.

Je remonte sur mon vélo et me traine jusqu'à l'Avieille, dans les dernières épingles, 2 gars me doublent et se tapent dans la main pour se féliciter, 'foiré!
Et finalement le ravito, ah que c'est bon de le voir enfin.
8' de retard sur le ghost. Ouille.

Bon ravito, il me faut du sucre, chouette du coca, bim 2 verres directes. Des oranges, barres de céréales et c'est reparti.

Toujours 8' de retard en partant du ravito. Je remonte sur le vélo, mais là c'est pénible. A 2400m le souffle est court, très court.

Je me fais doubler par une nana, et décide d'essayer de m'accrocher. Les 2 gars de tout à l'heure sont pas loin devant, et elle remonte.
Bon sang c'est dur.
Ca y est ça ne passe plus à vélo, il faut commencer à pousser. Depuis le début de la course, aucun soucis avec mes lombaires, après 8h de course, c'est bon signe. Je décide donc de porter le vélo plutôt que le pousser, et là c'est le déclic.
Je passe la nana, et j'attaque la montée, petits pas, grosses cadences, et ça grimpe.
Ayé je suis au cul des 2 mecs, ils m'entendent arriver et me laisse passer, et j'entends "merde il nous a repris"
Hehe, et ouais les mecs.
Bon les lombaires commencent à piquer, voilà une partie un peu moins raide, je pose le vélo et pousse, ça relax, puis quand ça repart dur, je reporte. Je passe un paquet de monde, petit coup d'oeil sur la montre, ouhhhh c'est bon ça, plus que 3' de retard sur le ghost.
Le sommet est en vue, je garde le rythme, la nana est juste derrière moi, tout le monde l'encourage, les gars se sont accrochés aussi, et je mène le train.
Ca souffle dur derrière moi, j'augmente encore la cadence, ça décroche pas, mais ça souffre :)

Ayé le sommet, yes, 1' d'avance sur le ghost, rahhhh que c'est bon. Ravito rapide, et je repars. Petite descente, puis on passe le long des lacs, et c'est la dernière montée, j'avais bien bien souffert l'an dernier, bah là c'est pas mieux, mais j'arrive à me rentrer dedans. Un paquet de monde pose le pied à terre. C'est tentant. Mais j'insiste, et ça passe.
2' D'avance je m'arrête au ravito, et là qu'est ce que je vois? Un appareil à raclette, un gars vient de se faire servir, énorme, je me met devant et je demande "Combien de temps pour une tartine?"
"2'" Je regarde la montre, plus qu'1 minute d'avance, bon bah non, j'attrape un bout de gateau au chocolat, excellent pour le coup, j'enfile mon coupe vent et j'attaque la descente.
Et là c'est full attaque, je me sens bien, j'ai bien bossé ma visualisation en descente, le vélo répond parfaitement et ça défile.
Je double et re-double, yes.
Petit passage plat, je regarde la montre, 2' d'avance, allez tom GO GO GO
Maintenant c'est la partie bien technique de la descente, pas de bol y a du monde, obligé de poser le pied à terre, bon c'est ptet mieux comme ça, parce-que quand je relance derrière, je me prend une grosse caillasse, je déchausse et part sur le côté, je suis super limite, je rebondi sur la selle, ça tape dur de tous les côtés et je contrôle à peine le vélo.
Ouf j'arrive à reprendre ma pédale, ralentir, virer, relancer.
Aller plus qu'une descente, c'est tout droit, ça secoue, je lâche les freins, encore 3 mecs de repris, je suis juste derrière la nana qui n'avait pas fait de pause au ravito. Je la passe en force sur une petite bosse juste avant la ligne, et c'est le finish.

9h32

Alors là je suis content. Oui ce n'est que 4' de gagnées sur l'an dernier, mais après avoir perdu 16' entre Evolène et la vieille, j'en suis bien content.

Laurent est toujours là, il me retrouve après la douche, je lave le vélo, et là c'est le gros plus du grand raid, y a des stands de maintenance vélo sponsorisé par motorex, en 10' tu décrasses et regraisse ton vélo, il sort comme neuf.

Allez hop une gamelle de pattes de récup, et on s'apprête à partir en vélo, grande descente jusqu'à Sierre, puis train jusqu'à Martigny et retour vélo au Chables, sauf qu'en passant devant les bus, on décide finalement de poser les vélos dans la remorque et de se laisser ramener sans effort ;)

Bon bah maintenant un peu de recup, et affûtage pour le 2e IM de l'année, Evergreen 228, me voilà.