Alpsman 2017: avant la course, la natation

Moi j'aime bien le triathlon, j'aime bien le triathlon longue distance, j'aime bien le triathlon longue distance dans les montagnes, j'aime bien le triathlon longue distance dans les montagnes quand ça fini par un trail.
En 2016 nait l'alpsman, un triathlon longue distance dans les montagnes qui fini par un trail et en plus c'est à 1h de la maison, avec départ en bateau depuis le milieu du lac (à la norseman) :)
Ouahhh trop cool je veux le faire!
Ah oui mais y a des petites particularités:
Le circuit vélo comprend une boucle qu'on doit faire 2x, en gros il y a 2 cols qu'il va falloir grimper 2x de suite. Ca je suis pas trop fan.
Avant de partir faire du trail, il y a 3 boucles de 8km complètement plate. Ca non plus je ne suis pas trop fan.
Et le coup de bamboo, c'est que pour pouvoir partir faire le trail, il faut passer le "tournant" (25km de cap) en moins de 12h de course, si tu dépasses, tu te fais encore 2 boucles de 8km plat, bof.
Alors ça cause avec les copains, on fait des maths, on regarde nos temps possible, y en a meme qui partent faire des recos du parcours.
Conclusion: Ca passe pas!
Perso en 2016 j'étais déjà inscris à l'evergreen, l'alpsman c'etait un mois après, pas possible.
Par contre Filou lui, décide de relever le défi. Si ça passe tant mieux, si ça passe pas tant pis, il aura fait un beau tour de vélo avant son marathon.
Pour vous la faire courte, la météo fut exécrable, Filou à pris cher sur le vélo et il a pas passé le tournant.
Et là les copains pas inscris se sont vraiment dit que c'était pas possible.

Bah oui mais moi ça m'a aguiché toutes ces histoires. Et après avoir fait un bon evergreen, je décide que l'alpsman sera au programme 2017, et que je vais passer le tournant dans les temps.

Alors j'ai pas fait les calculs en fonction de ce que j'étais capable de faire, j'ai retourné la question, qu'est ce qu'il faut faire pour passer le tournant.
En gros ça donne ça:
1h05 de nat
5' de transition
8h20 de vélo
5' de transition
2h30 de cap
Et c'est ric rac.
Avec ce scénario pas le droit à l'erreur.
Le parcours vélo c'est un peu le meme genre que l'evergreen, mais moins raide.
J'ai fait 8h36, j'imagine que je dois faire en l'état 8h20 sur ce parcours. Donc c'est jouable, mais c'est tendu.
Pour que ça passe "facile", il faut faire le vélo en moins de 8h. Avec 20' de marge, ça devient beaucoup plus réalisable.
Alors comment gagner 20' sur le vélo, tout en étant capable de courir à 10kmh derrière? Bah il va falloir s'entraîner, dur!
Perso le vélo je me suis jamais entraîné. J'ai bien essayé 1 ou 2 fois de faire des répétitions de monté, mais c'est chiant, je sais pas quel rythme prendre. Bref jusque là j'ai fait du volume, et en faisant du GROS volume avec des GROSSES sorties genre brm400, ça passe.
Là je sens bien qu'il va falloir être un peu plus fin.
Je décide donc de m'acheter un capteur de puissance, et un home trainer.
L'entrainement sera qualitatif, et ça va commencer dès décembre.
Je vais avaler les bouquins de Joe Friel sur l'entrainement avec le capteur de puissance, me prendre un abonnement sur training peaks pour avoir de joli courbe, me faire un plan aux petits oignons, et transpirer un max.
Au final ce sera 25 semaines d'entrainement à 14h en moyenne, vélotaff compris qui devrait me permettre d'aller au bout, d'être TOP finisher.
Pendant l'hiver j'ai tourné à 3 séances de Home trainer et 2 séances de natation plus le vélotaff par semaine. Pas de course à pied car j'étais en convalescence d'une fracture de fatigue au pied gauche.
A partir de mars, fini le home trainer, 1 séance qualitatif de vélo, 3 séances de cap, 2 de natation et 1 sortie longue vélo par semaine.
Pour le qualitatif vélo, j'ai bossé surtout en série de 20' SST soit sweet spot training, entre 85 et 95% de mon seuil FTP (puissance max dévelopé sur 1h), quelques séances d'endurance de force de type 2' à 50 rpm, 1' repos. Et pendant les sorties longues, toutes les bosses en SST.

J'ai fait une bonne partie de mes séances le matin, à jeun avant le lever des enfants.
Et après tout ça, y a plus qu'à!

Pour mémoire, voilà ce que j'ai mangé pendant la course:
Petit dej ¼ de gatosport maison, 1 fajitas beurre de cacahuete, 1 thé
Vélo: 5 fajitas 1/2:
cacahuete grison
Rillette de thon
St moret grison
Cacahuete grison comté 1/2
St moret grison
Cacahuete grison comté
Manque 1 fajitas pour finir le vélo
1 gel
1 bouchée de powerbar
2 pates de fruits
CAP:
½ fajitas Cacahuete grison Chips
Chouchou
Orange
Pasteque
Tucs

Le vendredi matin, je récupère mon pote Massimo que j'ai réussi à convaincre de s'inscrire sur ce truc de fou. On file à Saint Jorioz, avec une petite halte au decathlon pour les emplettes de dernières minutes, et on s'installe au camping, à moins d'1km de la ligne de départ.
On réalise d'ailleurs, que le parcours de cap va tourner tout autour du camping. Bien pratique pour aller faire une sieste entre 2 tours.

Une fois le camp monté, et un bon plat de pâte à la Massimo englouti, on visite le village de course et on récupère nos dossards et sac de transitions/ravito perso.
J'achète ou j'achète pas? bon j'achète pas:
Le gros objectif:

Bon sang, 7 sacs à préparer, c'est encore pire qu'à l'evergreen.
Bon on s'installe peinard devant la tente, et on réparti nos affaires.

Au final on décide d'emmener une partie des sacs le soir, pour être moins charger le matin de la course.
Après ça on va piquer une petite tête dans le lac pour faire tourner les bras, puis une petite assiette de riz et on retourne au village poser nos vélos et sacs en zone de transition.
19h on assiste au briefing où on retrouve Yann qui dès qu'il a su que j'étais inscrit sur ce truc de fou s'est inscrit lui aussi :)

Le copain Sebo est là aussi, et je crois pas mal de tête déjà vu sur l'evegreen, dont Mohamed, un type super sympa qui lui aussi à fait 2x l'evergreen.
Bon le meeting est un peu long, on a bien fait de manger avant. On zap la pasta party et on rentre direct se coucher.
Il est quand même 22h quand je met les bouchons et éteint la lumière.

Je me réveil à 3h11 alors que l'alarme est à 3h15, 1 seul réveil pipi à 1h35, le dodo a été correct, et avec la nuit précédente de 8h30 de sommeil tout va bien.

1er étape de la journée: Direction popo, ça fonctionne, ouf.
Retour à la tente, petit dej avec Massimo, on moufte pas des masses, y a de la tension dans l'air.
On se pose nos tatouages numéro de dossard, puis on embarque les derniers sacs: leschraines et bateau.
Allez hop on ferme la tente et c'est parti pour une grosse journée de sport.
Dépose des sandwichs dans les sacs T1,T2
Vérification du vélo, oups il manque mon gps, Massimo prend mon sac leschraine, petit footing d’échauffement jusqu’au camping en aller retour pour récupérer le bidule électronique qui va me permettre de gérer ma dépense d'énergie sur le vélo.
Installation du gps sur le vélo, et direction le ponton. Je retrouve Yann, puis Sebo, et enfin Massimo.
Quand le bateau arrive, je me positionne tout à l’avant du ponton. Choix stratégique: Je veux etre le premier dans les chiottes du bateau :)
Bon y a un peu de monde devant moi, et je suis 5e aux chiottes, oui je sais pas terrible comme classement, mais chez les filles c’est libre, alors zou, je vais me classer premier chez les filles :)
Voilà ça c’est fait, je suis prêt pour ma longue journée.
Je retrouve Yann et Massimo, on discutte pendant le départ du bateau, Yann est déjà prêt, installé à une table de la grande salle de restaurant du bateau.
Avec Massimo on se change. Graissage intégrale dans le cuissard, enfilage de combi, ajustage de la ceinture cardio.
Ensuite il faut attendre, quel stress, on se demande à quel sauce on va être manger.
Le bateau arrive au départ, j’emmène Massimo à la sortie, je veux être dans les premiers dans l’eau.
On cherche les bouées par la fenêtre, difficile à voir dans la pénombre, mais ça devrait aller.
On est dans les tout premiers à se mettre à l’eau.
Massimo en 1er plan, moi derrière

Echauffement jusqu’au bouée de départ.
On s’accroche à la bouée, encore un petit aller retour pour faire tourner les bras en attendant le départ.
Sebo nous rejoint, on se souhaite bonne chance pour cette longue journée qui s’annonce.
Départ dans 3 minutes. On est tout à gauche de la ligne de départ, tout devant.
Tuuuut
C’est parti.
Ca part vite sur le côté droit. Zut.
Il faut faire rapidement la jonction pour prendre les bons pieds. Je tire sur la droite et accélère.
Et là ça va pas. Même pas 200m dans la course. Je me sens mal. C’est un de ces mauvais départ, ça m’arrive de temps en temps. Sentiment d’oppression, panique, il faut que je ralentisse. Massimo n’est déjà plus dans mes pieds.
Je vois le premier groupe s’éloigner, tant pis. Je me relaxe. Rapidement ça va mieux. Je prend des pieds, retrouve ma nage.
500m: 1’41 de moyenne, pas terrible mais pas si pire.
Je commence à remonter, je saute de groupe en groupe, jusqu’à me retrouver à l’avant du 2e groupe.
Bon le premier groupe est loin, je vais pas faire l’effort de revenir, ça va me tuer. Je laisse un gars passer et me remet dans son sillage. Autant s’économiser au max.
1000m: 1’39 bonnes sensations, si ça tient jusqu’au bout, c’est 1h05, tout va bien.
1500m: 1’40 c’est constant, je ne fais pas d’effort. L’analyse du cardio après course montre que j’étais tout le temps dans le vert, sauf pendant les premiers 200m.
Tiens sur ma gauche y a un mec qui a le même geste que Massimo. Et il respire tout le temps à gauche comme lui, mais je vois pas ça tête.
Quand on arrive à la mi course (1900m) ma montre m’affiche 2km en 33min13, c’est pas extraordinaire, mais c’est pas mal.
A ce moment là, le mec à ma gauche qui nage comme Massimo lève la tête et gueule:
“TOM” Hehe ok c’est lui, je répond:
“YES on garde les pieds de ce mec là, il est bien” On baisse la tête, on rattrape les pieds et on suit.
Ca défile facile, 2500, 3000, je ne regarde plus les temps de passage, tout va bien, pas à s’inquiéter.
Sur la gauche j’aperçois un ponton qui ressemble à celui sur lequel on a embarqué. La montre vibre les 3500m et effectivement, je vois maintenant le village de course sur la berge.
Excellent, on arrive au bout.
Je lève le nez et aperçoit les dernières bouées. Le gars de devant accélère. Je reste dans les pieds, mais Massimo décroche légèrement.
On prend le virage, direction la plage. Je sors en même temps que le gars de devant moi.
1h04’59 ma montre affiche un peu plus de 4km finalement ça a accéléré un peu dans la 2e partie.
Je suis alors 22e de la course.
La natation, ça c’est fait. Je me suis bien économisé, je n’ai pas perdu de temps, il va falloir enchainer avec un beau vélo maintenant :)