Gravity Race 2016

Après l’evergreen, j’étais bien sec, le semi marathon disney n’a pas aidé, j’ai mis du temps avant de me remettre à courir. Par contre j’ai pas lâché la piscine, et ma natation a passé un palier, j’ai gagné 2min au 1500m, avec beaucoup de boulot plaquette. Si vous vous souvenez, à Engadin, j’avais pris bien cher en natation, avec un Massimo qui faisait des ronds autour de moi, là, la tendance c’est inversé, j’étais donc assez confiant pour les parties natation de cette Gravity Race swim and run.
Bon niveau endurance, cette année plus grand chose à gagner, il fallait juste que je remette les jambes de course à pied en route. J’ai réussi à caser 3 séances de fractionnés, pas super rapide, mais juste histoire de remettre du rythme. J’ai entretenu la partie trail avec des up and down à Crozet, et j’ai essayé de bien dormir pour refaire du jus. Mais à une semaine de la course, déplacement pour le boulot avec grosse bouffe, bien arrosé, et comme c’était à Chamonix, on s’est fait une virée nocturne dans les montagnes après le boulot. Au final gros manque de sommeil, fatigue et chopage de microbe/virus. Je passe la semaine en essayant de dormir le maximum, cure de fruit pour la vitamine C, gargarisme à l’eau de mer et aromathérapie, bref tous les remèdes de grand mère pour essayer d’être en forme le jour J.
Les entraînements de la semaine sont plutôt prometteurs, et la fatigue ressenti ne se traduit pas dans les jambes. Par contre je n’arrive à caser qu’une sortie piscine dans la semaine, là ou j’aurai aimé en nagé 3 pour garder les bras bien vifs.
La sortie déblocage de veille de course me fait bien plaisir avec de bonnes sensations et une vitesse de croisière intéressante, sous les 5’ au kil.
Bon je tousse pas mal en position allongé, mais jamais pendant l’effort. Allez ça va le faire.

Samedi matin, je me réveil 20min avant l’alarme, petit dej gatosport et thé, le matos est prêt de la veille.

mon matos de swimrun, manque la combi et les shoes

Y a plus qu’à chargé le camion.
Je débarque chez Massimo, on transfert mon bordel dans sa voiture, et en route pour Annecy/Le verrier du lac.
Arrivé au verrier, aucun flechage, par coup de bol j’indique la bonne plage à Massimo, et en tournant un peu on finit par trouver le site de départ.

On récupère nos dossard, ensuite direction les chiottes pour la vidange, c’est qu’on est parti pour 7-8h en combi, faudrait pas avoir à faire une Camillo pendant la course.

On va toucher l’eau, et là on pourrait dire que c’est la douche froide. Bon sang ça caille. 15°, mais avec la température extérieur à 11° on s’attendait à la ressentir plus chaude. Que dalle! Ca va peler et là tout de suite, de nuit, on a vraiment pas envie de s’y mettre

On croise Sebo et son équipier, puis Filou et Didier. Ce coup là c’est pas comme à Engadin, on a pas de compétition direct, les copains présents sont débutants en swim&run avec un moins bon niveau en natation, et pas assez de vitesse en terrain technique pour faire la différence. Y avait bien l’équipe de Jean-Marie qui nous aurait surement mis la misère, mais il a perdu son équipier l’avant veille de la course, et depuis pas de nouvelle.

On se change, et c’est parti pour un lustrage-graissage quasi intégrale, hmmm c’est bon le body glide sous les aisselles, et la nok qui te remonte entre les doigts de pieds. Je vous parle même pas des parties intimes, bon allez si, faut vraiment que ce soit bien lubrifié de partout, si tu veux pas finir la journée avec du hachi parmentier entre les cuisses.
massimo se lubrifie les parties Bon voilà, on est prêt.

On retourne sous la rente attraper un thé chaud histoire de garder les mains chaudes avant de se jeter à l’eau.
Et c’est là qu’on fait la 1ère connerie de la journée, et accroché vous bien parceque c’est pas la dernière, on ne va pas se mettre à la baille pour s’échauffer. Donc moi je n’ai pas nagé depuis mardi, et je m’apprête à partir en “mass-start” (tout le monde ensemble, style départ triathlon) sans échauffement, dans de l’eau bien fraîche.
Bref on se tient chaud en écoutant le briefing de course, puis on se dirige vers le départ. Et là les coureurs, au lieu de s’aligner devant l’arche, sont tous les pieds dans l’eau.
J’indique à Massimo qu’il faut qu’on se mette à l’avant et qu’on parte fort pour éviter le bordel. Mais on a pas le temps d’arriver devant que j’entends: “C’est bon allez-y” et tous le monde s’élance. On est encore en plein milieu du peloton, et là c’est le bordel, un des pires départ nat que j’ai fait depuis longtemps.
En fait non, LE pire départ.
Bah oui, voyez vous, c’est un swimrun, un nouveau sport, beaucoup de débutant. L’attirail swimrunner averti c’est une combi, des baskets, bonnet, lunettes, un pullboy et des plaquettes. Déjà rien qu’avec les plaquettes le départ ça fait mal. Ca tape de tous les côtés. Après y a ceux qui s’encordent, pour pas se perdre, ou pour effacer les différences de niveau en natation, voir en course à pied, et forcément, on se prend les bras dans les cordes des autres. Enfin y a les bleus, ceux là ils ont carrément amenés des sacs à dos, et quand tu te prend la plaquette dans l’anse d’un sac à dos, c’est la merde.
Ajoutons à ça l’eau froide, le non échauffement, et au bout de 20m j’ai les bras qui tétanisent, la crise de panique, gros sentiment d’oppression dans la combi. Bref je suis mal.
Je cherche Massimo pour lui dire que je vais prendre l’extérieur, mais tout le monde se ressemble, bonnet rose, dossard bleu. Pas de Massimo.
Je reprend la nage, et là je sens que mon pullboy glisse. Bon c’est pas grave, il est attaché avec une sangle à ma cuisse. Sauf qu’à la fin d’Engadin, j’avais desserré la sangle car ça me serrait trop la cuisse. Et zou le pullboy se barre, et dans le boxon impossible de le récupérer. Je me retourne, et là je vois Massimo rattrapé mon pullboy, trop cool?
Non, 2e grosse connerie de la journée, dans la panique je lui gueule:
“laisse tombé, je m’en fou, ça ira sans.” Mais bien sur …
Je repars donc vers l’extérieur et j’essaye de retrouver mes esprits. Je vois Massimo qui passe, et en 2s je le perd de vue.
Je repars, et arrive enfin à poser ma nage. Et enfin j’arrive à passer du monde.
Ce segment natation est finalement beaucoup plus court qu’annoncé, car en 10min on est sorti de l’eau, malgré le gros foirage.
Je vois mon Massimo debout, hagard sur la plage en train de me chercher. Je gueule, on se retrouve et c’est parti pour une longue partie de grimpette.
Bordel ça commence mal cette histoire.

Ca part direct en grimpette sur le bitume, on trottine, tout va bien. On commence à gratter du monde, mais je dois mettre le clignotant, j’ai une chaussure trop serré, ça va pas jouer.
On se pose, je renoue, ça prend un temps fou avec les mains gelées et les lacets mouillé, puis on repart. On a bien du perdre 20 places dans l’histoire.
J’affiche le cardio en gros sur ma montre, et je me colle au dessus des 160 objectifs 85% du cardio, c’est ce que je vise en intensité de croisière aujourd’hui. C’est ambitieux, mais ça doit passer, et vue la forme de Massimo dernièrement, il va suivre, facile.
Je passe donc devant, et on double. On quitte le bitume et on se retrouve sur un chemin en forêt pavé bien humide et très glissant, bon sang on va repassé par là à la descente, ça va être sport.
Ca double jusqu’à ce qu’on se retrouve en single à la queuleuleu, mais on a suffisament remonté pour être dans un groupe qui va à la bonne allure. Le cardio redescend vers 155. Tout va bien.
On commence à attaquer les lacets en forêts. Le terrain et super gras. Dès que je peux je relance pour doubler, je me retrouve pour voir si Massimo suit, et là je l’entend m’appeler au dessus de moi. En fait quand il m’a vu décoller, il a décidé de couper droit dans la pente, et est arrivé un lacet au dessus de moi. Ok c’est parti. Donc maintenant il est devant, et il fait le chamois, on coupe droit dans la pente sur la première mini bosse.
Alors là le cardio j’ai plus le temps de le regarder, mais on est plus proche des 90% que des 85…
On arrive en haut et ça bascule, je passe devant et on attaque la descente comme des tordus. Ca glisse, y a des pierres, c’est hyper technique, et je me régale. J’entend Massimo qui suit, tout va bien. Enfin presque. J’ai les semelles intérieur de mes chaussures qui se barrent à l’avant de la chaussure. MERDE.
Pour engadin, j’avais collé les semelles, et là forcément j’ai pas pensé à vérifier que les semelles étaient toujours collé. Bah non, la partie arrière s’est décollé, et ça fait un gros boudin sous la plante du pied.
Bon là c’est pas hyper génant, mais j’imagine qu’au bout d’un moment ça va faire chier.
Cette première descente est assez courte, et ça repart pour 600m de D+ sur 3km, en gros une montée au Yeti par la forêt pour ceux qui connaissent.
Dès que ça monte, les semelles reglissent vers l’arrière, et je suis à nouveau bien pour grimper. Bah vaux mieux parceque le Massimo repars de plus belle en mode chamois et coupe dès qu’il peut, mais bon ça devient vraiment raide, et très glissant, il a plu pendant 2 jours avant la course et le terrain est “gras”.
Sur une partie en lacet on se fait quand même reprendre par un l’équipe 41, 2 jeunes qui envois bien dans la montée. On les laisse passer, mais je lâche en rigolant qu’on les reprendra dans la descente. Là sur de lui, le mec de devant lance un “challenge accepted”. Ou il a l’air sur de lui.
On les garde à l’oeil, et je sens bien que Massimo à pas envie de les lacher. Mais y a pas, ils prennent de la distance et on fini par ne plus les voir.
La couverture nuageuse matinale commence à se dissiper, et avec l’altitude la vue et de plus en plus chouette. J’attrape un gel, et le goinfre, il faudrait pas faire l’erreur de ne pas s’alimenter entre les ravitos. On approche du sommet, et on rattrape l’équipe n°4, le gars de devant a vraiment la patate et monte plus vite que nous, mais son pote Nico est à la ramasse, il l’encourage fort et le pousse, mais bon on est à la 1ère bosse de la journée, ça fait qu’1h30 de course, et il est déjà en train de pousser son Nico au bout de ses forces. On ne donne pas cher de leur peau.
Arrivé en haut, on parcours un chemin de crête bien bien technique. Là on fait parler les chevilles, et on sautille de rocher en rocher. Ca inquiète un peu Massimo, mais je sais que sur ce format, 33km et moins de 8h de course, je peux me permettre de taper dedans ça va tenir. Et avec tous les exos que je fais, j’ai un bon toucher de cailloux. On passe encore du monde, je suis plusieurs fois surpris de voir passé Massimo devant, c’est qu’il s’est vachement amélioré techniquement, et il avale les roches en biseaux sans sourciller. D’ailleurs lorsqu’on attaque la descente il est devant, et je dois m’accrocher pour suivre.
Rapidement on retrouve des lacets en forêt et là c’est moi qui prend les devant en coupant droit dans la pente. Les gars qu’on double hallucine, et j’entendrais même.
“Non mais y en a qui ont amené des skis c’est pas possible” Bah quoi en swimrun, tu peux emmener tout le matos que tu veux, tant que tu le portes sur toute la course. Y en a qui ont pris les batons, nous on a pris les skis :)
Bon non on a pas les skis, mais on détruit la descente. J’ai les semelles qui ont glissés tout à l’avant des chaussures, c’est chiant, mais une fois calé, je m’y fait.
M’enfin avec tous cet enthousiasme, je me retrouve quand même une fois sur le cul, et ça me calme un chouilla. Massimo repasse devant et il envois du boudin en suivant le chemin. On double à tout va, mais on ne revient pas sur l’équipage 41.
On se retrouve à nouveau sur les pavés tous mouillés mais on les survols en 3 pas, et nous revoilà sur le bitume.
C’est le moment de se mettre à marcher et de renfiler les combis. On arrive au ravito prêt à repartir. Je gobe 4 morceaux de bananes, 4 verres d’eau et j’enfile mes lunettes, c’est parti pour 800m de natation.
Je demande notre position histoire d’avoir une idée, et là on m’annonce 22e.
Euh “what?” non c’est pas possible, avec la première natation pourrie qu’on a fait, et tout le monde qu’il y avait devant nous dans la montée, doit y avoir erreur. Je partage à Massimo, qui lui non plus n’y crois pas, et on repars.

Bon ce coup là on est chaud, y a personne devant nous, no stress. Direct je pose ma nage, et me colle à côté de Massimo, on avance peinard, puis je réalise qu’on devrait drafter. Etant donné que j’ai perdu mon pullboy et que Massimo à l’air vraiment facile en course à pied, je me laisse glisser dans ses pieds, et ça nage vraiment facile. Le pied.
Le soleil a pris possession des lieux, et c’est un spectacle magnifique qui se révèle à chaque respiration. Les montagnes avec leurs falaises dominantes, en dessous la forêt qui commence à prendre ses teintes automnales. Ouahhh c’est bon.
Ah c’est déjà le moment de sortir. Dommage, j’étais bien là. On sort de l’eau, et je décide de faire un arrêt pour remettre mes semelles correctement. C’est un tronçon de 10kils qui nous attend là, ça va pas jouer en l’état.
L’avant est toujours bien collé, mais l’arrière part complètement en sucette. Je redresse tout, et on repars. Mais rapidement, et même sur le plat, ça bouge. Bon ca va pas me faire chier longtemps, on s’arrete à nouveau, j’arrache les semelles, et repars direct dans la chaussure. On verra bien ce que ça donne dans 20kms et 1100m de D+.
Hop une poubelle, et me voilà encore un peu plus léger. Plus de pullboy, plus de semelles dans les chaussures. Je fais la blague à Massimo que je vais finir à poil. Vu l’état de vétusté de ma combi, il me dit que je devrais pas le dire 2x car ça pourrait arrivé. Il croyait pas si bien dire...
Bon c’est moins confort, mais les peregrines sont vraiment top, et même sur le bitume ça tabasse pas trop sans la semelle intérieur. Allez ça va jouer.
Bon on a reperdu quelques places, et sur cette portion toute plate on est vraiment pas au mieux. On se fait rattraper par une équipe, mais on revient lentement sur une autre.
Hop ravito avant la bosse, cool. On recharge.
Et c’est reparti pour 500m D+.

Bon ça commence en faux plat bien relou sur le bitume, et on en chie encore plus grave que sur le plat. Pfff c’est vraiment pas notre truc.
On se fait reprendre par une autre équipe fait chié, mais bon on s’en fout, bientôt le raide, et derrière la descente, on va voir ce qu’on va voir.
Ca repasse effectivement dans le raide rapidement, et on recolle les gars devant nous. Et là truc bizarre, l’équipe 41 reviens sur nous ???
“Bah les gars, on vous a pourtant pas repris dans la descente?” “Non, surement dans la natation, on est des quiches dans l’eau” Hmmm
Hehe ceux là ils vont pas finir devant nous, on sait comment ça se passe pour les nageurs moyens. Les dernières natations sont un vrai calvaires. Et avec 1.7km à nager en dernier, ça va être le carnage.
Ils passent devant, et ce coup là on les lache pas.
Bon j’ai la dalle, et je cherche un gel, et là c’est le drame. Ma poche est vide. Bordel. J’ai perdu mes 3 gels. Rahhh ça craint. Déjà parce que je me sens très limite là tout de suite, et ensuite parce que sur la dernière portion je vais en avoir besoin.
Massimo me dépanne d’un coup de fouet, et je me met à l’affut du moindre papier par terre, car je suis pas le premier à qui ça arrive, et avec un coup de bol, je pourrai retrouver de la bouffe.
On arrive au sommet, et là pas de chemin de crête, mais un chemin qui longe le bas d’une falaise, juste au dessus d’un gros raidar bien pentu. C’est vertigineux, la vue sur le lac est magnifique, mais à la vitesse où on va, pas trop le temps d’admirer. C’est que les 41 commencent à prendre le large, faudrait pas les perdre.
Tiens par terre un paquet qui ressemble à du ketchup genre les trucs dispo dans les cafeteria. Je cherche même pas à comprendre. Je m’arrête le ramasse, et là coup de bol, un gel coup de fouet d’une marque inconnu. Yeahhh.
Allez hop je le planque bien au fond de la poche, et c’est reparti. La team clodo est dans la place. On fait les poubelles pour se nourrir en course.
Quand arrive la descente, on est collé au cul des 41. Le gars de devant me rappelle le challenge précédent, j’acquisse. Bon il a l’air bien sur de lui, et effectivement il démarre fort dans la pente.
Je lui prend le pas, Massimo collé derrière moi. Ok.
Bon faudrait pas non plus ce niqué les cannes. Mais pour le moment ça tiens. Je peux même jouer et passer devant. Quand je me retourne pour voir si Massimo est toujours là, je vois que son collège à lui il suit pas :) Je le préviens et lui dis “bye bye” et là je met la gomme.
Yeeeehaaaa
Putain c’est bon.
On reprend les équipes qui nous avait doublé sur le plat, et on en reprend encore 2 autres. Quand on arrive au ravito suivant, on nous annonce dans les 20 premiers. Ah mais c’était donc pas une connerie. Bon bah faut tenir le rythme maintenant.
Allez c’est reparti pour une natation, ce coup là c’est 1km d’annoncé. On s’élance, je me colle direct dans les pieds de Massimo. Et ça défile. Bon Massimo à pas l’air d’aller bien droit, je me demande ce qui se passe. Et en fait il suit les ballons qui sont attachés sur un des cayaks qui dérivent. Bordel.
Faut dire que les tous petits ballons sur les bouées de balisage, c’est pas terrible pour se repérer. On fini par voir la plage de sortie et on pique une droite. Je sais pas si c’est Massimo qui accélère ou moi qui faibli, mais il me prend 4-5m avant la sortie.

Bon on a maintenant fait plus de la moitié de la course. Arf à nouveau du faux plat, à nouveau l’équipe 82 qui nous reprend. On s’accroche et on suit.
Ca fait maintenant 4h30 qu’on est en course, et on a l’impression que ça fait même pas 2h. C’est une journée magnifique, mais je réalise qu’il ne nous reste que 2 portions de 6km à courir, mais heureusement 2 belles natations à faire. Je savais pas encore ce qui m’attendait.
On avale la bosse super vite, et c’est reparti pour une descente ou on rattrape encore 2 équipes.
Quand on arrive au ponton de la traversée, on a recollé a une autre équipe. Par contre là on stop pour un gros ravito. On se jette sur les tucs, on boit un max et on fait le plein d’eau
Les bénévoles nous annoncent qu’on est toujours dans le top20, hehe c’est cool ça.
Allez on se prépare pour une grosse natation. 1km mais avec possibilité de courant et de l’eau plus froide au milieu.
Je cherche mon bonnet et là, encore une fois c’est le drame. Je l’ai perdu en me déshabillant dans la dernière bosse.
Bon c’est pas bien grave, il était pas beau, et je m’en fou. Une bénévole m’attache le ballon de sécurité obligatoire pour la traversée, et on saute du ponton.
Massimo arrache son ballon sur le ponton au passage, et on commence à nager.

Et là c’est la merde. A chaque mouvement mon bras se prend dans la ficelle du ballon.J’appelle Massimo, lui explique le problème et il arrache le ballon: “problem solved”
Bon j’ai plus de bonnet, plus de ballon, et on traverse le lac. J’espère qu’il y aura pas de bateau qui va me passer dessus.
Dis donc, sans bonnet, 15°, c’est frais, ça me pique le crane, un peu la sensation de brain-freeze quand on mange trop vite une crème glacée. Ca va c’est pas insoutenable, ça m’inquiète un peu pour le 1.7km final, mais en serrant les dents ça va passer.

Bon c’est bizarre j’ai une sensation moisie dans le coude, vous savez l’endroit ou lorsqu’on se cogne on choppe des fourmis dans les doigts de la main. Et plus je nage, plus cette sensation étrange ce transforme en douleur. Et bim, au milieu de la traversée, ça fait trop mal, je n’arrive plus à pousser avec mon bras gauche. Une espèce de tendinite qui s’est déclenché dans le coude, à force de nager avec les plaquettes. En fait je paye la perte de mon pullboy en tout début de course, car j’ai tout nagé avec les chaussures imbibées d’eau qui pendouillent et qui “draguent” derrière moi. Donc s’en m’en rendre compte j’ai forcé plus que d’habitude, et après 3km bah ça se paye. Bouhhhh.
Je vois Massimo qui s’éloigne, et j’ai beau forcer à droite, je ne compense pas. Il se rend compte que je ne suis plus là, et comme à engadin, il fait du dos à 2 bras pour m’attendre. Fait chier!

Bon j’arrive finalement de l’autre côté. Y a du thé chaud et des barres de céréales, j’en enfile 2 dans ma combi, bois 2 gorgées de thé et c’est reparti. J’ai tellement forcé pour compensé que j’ai pas eu froid du tout. Allez faut compenser ce déficit, et essayer de prendre de la marge pour la prochaine natation. On voit une équipe pas bien loin devant, hop ça tourne à droite et ça grimpe, ouf pas trop de plat.
Là où d’habitude on se fait reprendre ou distancer, ce coup là c’est nous qui recollons. On prend le pas et on attend gentiment le sommet pour doubler et lâcher les chevaux.
Bon je m’emballe un peu et à la première mini descente, j’envois la gomme et je double. Sauf que ça remonte juste derrière et je bouchonne comme un con.
Y a même un gars qui me repasse. Mais sur le plat j’ai une bonne relance, et finalement voilà vraiment la descente, et là personne ne bronche, on décolle et cia les gars.
En passant au somment, un photographe fait le comptage, on était 17e. Il nous annonce les 13 et 14e à moins d’une minute. En amorçant la descente juste devant les 2 autres équipages, nous voilà 15e. Et rapidement dans la descente on reprend une équipe, puis une autre, et youhou nous voilà 13e de la course.
Et là faut envoyer. On sait qu’avec mon coude en écharpe, on va se faire bouffer à la nat. Alors faut prendre de la marge.
Ca se passe bien dans la descente, mais ça enchaine avec un chemin en faux plat montant, et une équipe nous repasse devant. On les garde en visu et ils prennent pas le large, derrière personne.
Ca repasse sur le bitume et en descente, mais on ne revient pas sur ceux de devant, pas assez technique.
On traverse la grande route, et là c’est 1km de plat bitumé qui nous attend, ARGGGHHHH
L’équipe de devant prend le large. Quand on arrive au lac, on a oublié de se changer. Le temps de faire le switch, 2 équipes sont revenus. Au moment de repartir, encore une autre est là. Et au final c’est à nouveau en 17e position qu’on se met à l’eau.

Bon là c’est pas très clair, on nous dit suivez le bord jusqu’à Saint Jorioz, c’est un petit port.
Hmmmkayyy
Bon moi je m’en fou je serai pas devant. Je trouve une paire de pied qui va pas trop vite et je prend l’aspi. Je vois que Massimo est juste devant, ça joue.
Pendant 3-400m je vais rester dans l’aspi, le coude fait pas trop mal. Cool ça peut le faire. Avec un bon sprint sur le dernier kil, on peut reprendre des places.
Sauf que je commence à perdre les pieds, et puis me voilà tout seul. Le coude me refait mal, et je nage en mode boiteux. Bah je peux vous dire que j’ai pas froid là, je force comme un malade du bras droit, et je fais ce que je peux avec le gauche.
Bon ça va y a personne derrière, mais faut pas que je sois trop loin de Massimo.
Bon sang c’est long. Finalement je prend un rythme, et j’arrive à enchaîner en allégeant le mouvement du bras gauche. Ca va pas vite, mais ça avance.
Quand je débarque à Saint Jorioz, Massimo est là depuis facile 2min. Il sautille pour se réchauffer, et quand je sors de l’eau, il m’attrape et me soutiens. Je lui dit que je vais bien et que j’ai pas froid, par contre il me faut un peu de temps pour retrouver du sang dans les jambes et courir. Et là il me la joue esbroufe: “vite vite ils arrivent, faut courir” je me retourne, je vois personne derrière, mais il me tire vers l’avant et me voilà en train de courir sur des cannes en bois.
J’essaye de retrouver des sensations dans les pieds, mais ça vient pas. Je me retourne et personne. Massimo est tout énervé et il me dit allez allez on y est. Je regarde ma montre, 400m, 500m, oui ok on y est presque. Les jambes commencent à tourner et j’accélère. Bon sang le lapin à pris 10m d’avance, pfff je suis sec, je donne ce que je peux. On passe une petite haie et là voilà, la ligne d’arrivée.
On passe la ligne ensemble, sur l’horloge 6h51.

Ouahhh j’avais prédit au mieux 7h et ce matin on s’était dit 7h30. Et là bim.
On pause pour la photo finish, on chèque l’affichage des arrivés:
Team Monkey Burgers: 17e Homme, 18e scratch!
Rohhhh TOP20 c’est pas beau ça?

Alors là je suis vraiment content, on a fait une belle course. Athlétiquement ça s’est super bien passé. Les “machines” étaient bien huilées, pas de coup de mou, on a tenu le rythme jusqu’au bout. Tactiquement, j’ai vraiment chié dans la colle.
Pas d’échauffement dans l’eau “parcequ’il faisait nuit et qu’elle était froide” c’est LA connerie de départ. Car je pars avec les bras en carton, je me tape une crise d’angoisse et d’oppression, j’en perd mon pull boy, et je le paye dans les 2 dernières natation. Massimo aussi c’est tapé la crise d’oppression au départ. Bon lui il a pas perdu les ¾ de son équipement pendant la course …

Sur la ligne, 10min après nous arrive l’équipage n°4, le Nico tout cramé en haut de la 1ère bosse, bah il a tenu le coup jusqu’au bout. Joli.
Et 23min après nous voilà l’équipage 41, les 2 jeunes qui voulaient nous griller en descente. 2 gars du coin habitué au trail, Bah comme prévu, ils ont pris cher dans les 2 dernières natation.
Et là suprise, c’est Jean-Marie qui débarque, il a trouvé un partenaire de dernière minute. Bon il fait pas la course qu’il espérait, il a du pousser un peu son équipier, mais il a quand même fait la course et fini 57e en 7h47.

Bon on ravage le ravito, saucisson, comté, reblochon. Dommage y a pas de pain. Ensuite on file au massage, dans la file d’attente on retombe sur une équipe mixte qui a fait engadin, et on s’échange des souvenirs.
Ensuite je détruis 2 fougasses lardons fromage, et on s’enfile quelques bières. On attend Filou et Didier qui finissent 120e en 9h11. J’ai raté l’arrivé de mon pote Sebo qui fini 94e en 8h29.

Le soleil passe derrière la montagne, et il est temps pour nous d’aller prendre la navette pour rentrer. Bon elle ne passera jamais et c’est une gentille bénévole qui nous ramène sur le site de départ de l’autre côté du lac.

Voilà une belle journée passé à barboter et cavaller dedans et autour du lac d’Annecy. Génial cette course.