Ironman Nice 23 juin 2013

Posted on June 27, 2013 by tom
Tout d’abord je voudrais rendre hommage à athlète qui est décédé sur le parcours vélo, pendant la course. On sait tous que l’on prend des risques lorsque l’on fait la course, mais là j’y étais, je suis passé 5min après le crash, j’ai vu ce gars allongé à côté de son vélo, inerte, et j’ai pleuré, immédiatement. Les secours étaient là, on prenait encore son pouls, mais lui il était parti. Je connais malheureusement trop bien cette situation. Toutes mes pensées pour sa famille et ses proches.
J’ai continué la course, mais il n’a pas quitté mes pensées. Je n’ai appris son décès que le soir. Sans risque la vie ne vaut pas la peine d’être vécu. Faites attention, la vie c’est dangereux.
Voilà c’était ce weekend, cette course j’y pense depuis un bout de temps, 3 ans ? oui à peu près. Quand on parle de triathlon, la 1ère référence, celle que tout le monde connais, c’est l’ironman. Pour le commun des mortels, les distances sont peu connus, c’est juste énorme et on finit par un marathon.
Alors c’est quoi au juste un ironman?
3.8km de natation
180km de vélo
42,195km de course à pied
C’est donc vrai, des distances énormes et un marathon pour finir.
Quand on m’a susurré l’idée de faire du triathlon, tout de suite j’ai eu peur, le souvenir de ces distances hallucinantes, puis j’ai réalisé qu’on n’était pas obligé de faire si long.
Oui mais moi j’aime quand c’est long, alors après avoir fait mes armes sur la distance olympique, je suis rapidement passé au semi ironman. Facile, c’est juste la moitié d’un Ironman.
C’était lors de ma 1ère année de triathlon, en 2011: Half Ironman Pays d’Aix
Avec l’entraînement adéquate, ça c’est bien passé et je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je ne puisse pas faire un full Ironman, l’idée était là.
Mais juste après Aix, ou pendant Aix, car c’est peut être lié, je me suis déchiré le mollet droit, et cette blessure m’a empêché de courir jusqu’en août 2012, donc pas d’ironman en 2012. Dès que j’ai pu recourir, j’ai enchaîné les triathlons, courtes distances à nouveau, et l’idée est revenue, si c’était pour 2013?
Je me suis alors posé la question de quel Ironman j’allais faire? Avec ma grande tribu, pas moyen de partir loin, et vu le prix de la course, je voulais minimiser les frais de transport, donc rapidement 3 courses sortent du lot: Ironman Zurich, Challenge Vichy, Ironman Nice.
3 courses à porté de voiture. Laquelle choisir ?
Nice est réputé pour être difficile à cause d’un parcours vélo montagneux. C’est sur ça va m’user avant le marathon, mais c’est plus sympa.
Zurich et Vichy ont un marathon autour du lac en 2 boucles, plus sympa que les allez-retour sur la promenade des anglais en plein cagnard.
Nice est fin juin alors que les 2 autres sont à la fin de l’été et je n’ai pas envie de m’entraîner à fond tout l’été.
Vichy c’est pas la “marque” Ironman, je ne pourrai pas dire même si j’ai fait la même distance, je suis un ironman, saloperie de branding. Donc ce ne sera pas Vichy.
Et entre Zurich et Nice, je finis par choisir Nice.
Le 26 Octobre 2012, mon inscription est validée, y a plus qu’à.

Mon entraînement commence directement, par la course à pied, c’est là que j’ai le plus de travail. J’allonge donc mes sorties et je cavale jusqu’au mois de Décembre. Pas de vélo ni de piscine, il faut que je progresse en course à pied, alors je ne fais que ça.
Puis la neige arrive, alors j’alterne ski et cap (course à pied), mais voilà, le 31 décembre, lors d’une sortie ski de rando, je me fais une tendinite du talon d’Achille. De plus je commençais à avoir des douleurs au tendon rotulien.
Bref fini la cap pour un moment.
Mais ce qu’il y a de bien avec le triathlon c’est qu’on n’est jamais bloqué et ces 2 mois de cap ne sont pas gâchés, ils m’ont permis de mettre la machine en route et de gagner en endurance.
Je démarre alors le vélo, “petites” sorties de 70km toutes les semaines, sur le plat, car les routes de montagne sont très dangereuses avec le froid et la neige. Trajet boulot à vélo.
Rien de très structuré, juste faire des kilomètres.
Je me remet à l’eau aussi, en piscine et je reprend les bases, travail technique.
Puis je découvre le cyclotourisme et les brevets et je me dis que ça va être une bonne motivation pour faire des sorties longues. Je participerai alors à la série des brevets de Grenoble de 200,300 et 400km entre mars et mai.
Pendant tous les mois de février et mars, je ferai énormément de musculation des jambes pour me préparer à la reprise de la course à pieds. TOUS LES JOURS, des séries de squats, de fentes et de pointes pour travailler les mollets et les quads.
Avec bien sûr 2 a 3 sorties de ski par semaine (oui j’avais un emplois du temps assez souple au niveau du travail
Fin mars, j’ai la grande forme, des jambes en béton, je peux alors reprendre la course à pied.
Doucement, tout doucement, très court.
Y a quelques potes qui se moquent, qui comprennent pas comment je vais courir un marathon alors que je ne m’entraîne que sur 5km et à plus de 6min/kil.
Mais je construis ma base, j’augmente la distance progressivement. Avec un objectif, un seul : NE PAS ME BLESSER.
Par contre à ce moment là, je n’en peux plus de la piscine, trop de monde, l’impression d’être un hamster qui tourne en rond. Je commence à me relâcher.
Heureusement mon nouveau Job me permet d’accéder à la piscine à des horaires particuliers et je retrouverais de la motivation, puis à partir de mai, je vais me remettre dans le Lac.
Pas facile de se mettre à l’eau dans du 10°C voir même 6°C au plus froid.
Mais je me suis équipé et ça l’a fait. Avec ma toute nouvelle combi aquaman ART, c’est du bonheur, mes temps sont excellents, je pense pouvoir flirter avec l’heure sur le 3.8km.
Et pendant ce temps, tous les jours je suis sur le vélo, oui TOUS LES JOURS.
Je vais au boulot à vélo, je rallonge mon retour en allant chercher les bosses et le weekend je fais de longues sorties.
Pour parfaire cette entraînement, j’ai participé à 2 triathlons longue distance, équivalent à du half ironman.
Des triathlons de tests. Le 1er avec un vélo très très dur, ou je me suis brûlé les pattes, pour voir ce que c’était que de courir derrière.
Le 2e en gérant au mieux, malgré un état de fatigue prononcé 2 semaines après, avec un trail de 20 km intercalé.
Training by racing. Très bonnes expériences, qui m’ont bien servi.
J’ai terminé mon entraînement par un grand tour du lac Léman de 200 km, à allure contrôlée : 30 km/h du début à la fin.
La maîtrise de l’allure, c’est la clef de la réussite en longue distance.
Quasiment aucun entraînement fractionné, 1 en course à pieds, 3 en vélos, j’ai fait quelques entraînements “fartlek” en cap, en faisant varier l’intensité au cour de la sortie, mais c’est tout. Pour le vélo, j’ai alterné les bosses en mode gros braquet et moulinette. Aucune séance n’a été planifiée, j’ai tout fait au feeling, en fonction de ma forme.
Voilà ça y est et depuis ce 26 Octobre 2012, j’ai donc cumulé en entrainement:
464 km de course à pied (54h)
66 km de natation (19h)
5425 km de vélo (239h)
Plus 112h de ski et quelques heures de musculation que je n’ai pas compté.
En gros sans le ski, 312h en 35 semaines soit 9h de sport par semaine
Semaine max à 29h début mai (avec 18h30 pour un 400km de vélo)
et en moyenne 14h depuis avril.

Par exemple, voici mon mois de mai :

Principal objectif de l’entraînement atteint: PAS DE BOBO.
J’ai la caisse, j’ai avalé tous les challenges que je me suis lancé, je n’ai jamais été aussi en forme de ma vie, y a plus qu’à!
Bon alors nous voilà rendu à ce fameux weekend. Ma mère est venue garder les enfants pendant que Sev et moi descendions dans le sud. Pour elle aussi ça va être un long weekend d’endurance. 4 enfants de 1 à 8 ans, il faut du courage et elle a assuré comme une chef.
Jeudi soir je rentre du boulot et je m’attelle à la tâche, rassembler tous le matos, préparer les sacs, vérifier le vélo. Heureusement j’ai mes petites listes, elles sont bien rodées, avec elle rien n’est laissé aux hasards.
Nous prenons donc la route le vendredi matin, il fait un temps superbe. Nous voilà en amoureux, ce n’était pas arrivé depuis longtemps. On profite du paysage, on papote, on est heureux.
A mi parcours, j’aperçois au loin le Mont Ventoux, Baptiste l’a récemment arpenté dans tous les sens, alors j’en parle à Sev, mais elle ne le voit pas, il est loin, pas facile. Mais un peu plus tard on passe juste à côté, je le remontre à Sev, mais en fait elle s’en fout.
Pas de chance pour elle, on le voit pendant un bout de temps, et toutes les 10min je lui dit “Oh regardes le Mont Ventoux”, que voulez vous, je suis un grand fan du comique de répétition. Plus tard beaucoup de collines, bosses, voir Montagnes vont se faire appeler Mont Ventoux. Avec tout ça il va falloir que je le grimpe celui là
On arrive en fin d’après midi à Nice, on décharge la voiture chez mon père, puis après un peu de repos, on file au village expo pour que je récupère mon dossard.
Le bord de mer, c’est quand même sympa. Sev est un peu déçue par l’ambiance, on ressent moins de sensation qu’à Aix. Il faut dire que le village est tout en long, ça ne facilite pas les échanges ou les rencontres.
Après avoir récupéré le dossard, on s’installe sur une plage privée pour se manger une crêpe. Ahhh les vacances, si j’avais pas cette boule à l’estomac se serait parfait.

Quoi une boule à l’estomac? Oui une fois le dossard récupéré, la pression monte, je suis dans le bain là, il va bientôt falloir y aller.
On se rend ensuite en navette à la Pasta Party organisée par la course. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et au final, c’est extra. Dans un parc animalier, des barnums sont installés et on a accès à un énorme buffet à volonté, avec des pâtes, des lasagnes, des fruits, c’est très bon. On s’installe sur du mobilier de jardin confortable, et on endure les présentateurs qui sont assez saoulant.
Encore un dîner en amoureux, qu’il est romantique ce weekend

On ne s’éternise pas et on décide de rentrer vers 20h30, mais les navettes ne partent qu’à 21h. On décide de prendre le bus, mais celui-ci ne passera pas. On se rabat sur les vélos bleu (vélib Niçois) mais la borne est en panne. Bon bah finalement il est 21h, on peut prendre la navette.
22h on rentre à l’appartement. Allez hop ododo, il faut que je fasse des réserves de sommeil.
Le samedi, je me réveille à 7h après une bonne nuit. Beaucoup de rêves de course, mais ça ne m’a pas gêné. J’avale un gros petit dej, puis je file avec Sev à la plage pour l’entrainement natation. Il faut que je teste la combi dans l’eau assez chaude de la méditerranée.

21°C, on s’y met plus facilement que dans le Léman à 12°C.
Pendant ce temps Sev fait un footing sur la promenade des anglais. Il est 9h du matin, il fait déjà 25°, pas de vent, elle va souffrir.
Moi je fais un aller retour jusqu’au bateau repère à 300m de la plage. Bonne sensation, dans l’eau salée la flottaison de la combi est encore meilleure, ça promet pour demain. Je prend mon temps pour me doucher et je me fais dorer au soleil en attendant Sev.
Elle arrive en sueur, avec un regard plein de compassion envers son mari. Bah pourquoi?
Bah elle a eu chaud, très chaud pendant ses 40min de course à pied et elle imagine très bien ce que je vais endurer à 14h pour le marathon.
Moi je fais abstraction, je vais gérer, ça va bien se passer. Mais maintenant c’est sur, sur le vélo je vais pas faire le malin, économie maximum.
On rentre manger à la maison, un bon couscous préparé par mon père. Pour moi pas d’épice et seulement du poulet, je fais simple pour ne pas me mettre le bide en panique la veille de la course. Dommage ils ont l’air bon ces piments.
Ensuite il est temps de préparer mes sacs. Il y a un sac avec les affaires de vélo, un sac avec les affaires de course, un sac avec le ravito perso au milieu du parcours vélo, un sac avec le ravito perso pour la course à pieds et le sac avec les affaires qu’on va mettre après la course.

Alors les gels ils vont au départ du vélo, ou juste sur la cap? finalement je fais tout en tri-suite ou je me change intégralement pour chaque épreuve? Combien de sandwich pour le ravito perso?
Mais les ravito perso on les donne aujourd’hui? la bouffe va rester au soleil tout l’après midi?
Vite je relis le carnet de course, et j’y trouve toutes mes réponses, pfiouuu.

Allez les sacs sont prêts, ce sera change intégrale, bouillon salé (jus des haricots verts plus bouillon Knorr légume et poulet) et sandwich beurre de cacahuète pour les ravitos perso, barre de céréales dans les poches du maillot de vélo, quelques gels goûts salés car ils n’ont que du sucré sur le parcours réparti entre le vélo et la cap.
Maintenant c’est l’heure de la sieste. Boom direct 45min de repos profond, ça fait du bien.
Je pars ensuite déposer mon vélo et les sacs en zone de transition avec mon père, Sev pendant ce temps fait les magasins.

Zut on a 1h d’avance, la nana au dossard ne m’a pas indiqué le bon horaire vis a vis de mon numéro. Mais les arbitres me laissent rentrer, je suis donc quasi seul sur mon rack.
Je dégonfle les pneus, je vérifie que tout est en place, un peu de graisse sur la chaîne, et ensuite je donne les sacs.
Je suis un peu inquiet car les barres de céréales vont passer la fin d’après midi au soleil.
Je tourne un peu autour du parc, je prend mes repères pour retrouver facilement mes sacs et mon vélo.
Puis je pars rejoindre Sev dans Nice. On doit retrouver des amis à elle, mais au final je préfère rentrer me reposer.
Le soir c’est pasta party à nouveau mais cette fois préparée par mon père, ailo y oglio, ça passe bien. à 21h je file au lit. La course défile devant moi pendant 1h, mais quand Sev vient se coucher, je suis déjà endormi.
Réveil à 4h01 j’ai dormi jusqu’au buzz, un bon sommeil. C’est parfait.
Direction les chiottes tout de suite, tout se passe bien, pas de blocage. Je peux attaquer le petit dej sereinement. Ce matin c’est thé vert à la menthe et un demi gatosport. Ensuite une douche et je repasse sur les chiottes pour une tentative de caca de la peur, mais non c’est pas encore le moment.
J’attrape mes affaires pour la natation et on part, heureusement mon père qui se réveille nous attrape avant l’ascenseur pour me donner mes sacs de ravito perso et ma pompe à vélo, ouf.
On prend le tram de 5h04, dedans une quinzaine de triathlète, sourire pincé. Je discute avec un allemand, dossard 2000, il en est pas à son coup d’essai, mais il pourra pas tout donner car il s’est peu entraîné en course à pieds, pour cause de blessure, ah tiens c’est quand même plus que moi …

En sortant du tram, le jour se lève, mais le ciel est couvert, ohhhh c’est bon ça. Il fait bon. Sev me laisse à l’entré du parc à vélo, je pose mes affaires à côté de mon vélo et je file direct faire la queue aux chiottes. 3 personnes devant moi, ça va vite, il est tôt, il reste du PQ et ils ont pas encore été explosé. Un bon caca de la peur bien liquide, ça c’est fait, maintenant je suis peinard pour un bout de temps.
Quand je sors y a 15 personnes dans la queue, j’ai géré.
Je regonfle mes pneus, j’installe mes gourdes, ça y est, le vélo est prêt.

Je me graisse le coup et les aisselles pour éviter les frottements avec la combi, ensuite je l’enfile jusqu’à la taille, il fait chaud en dehors de l’eau, je la mettrai en entier au dernier moment. J’attrape mon bonnet et mes lunettes puis me dirige vers la zone de départ.

Il y a des sas en fonction du temps estimé, histoire de nager avec des gars du même niveau et de pas se gêner. Je choisi mon sas, 1h-1h06.

Je me mets à la flotte pour un 400m d’échauffement. Bonne sensation, les bras sont là, je me sens bien dans la combi, pas de sensation d’oppression. J’ai laissé ma ceinture cardio dans le sac du vélo, à Rumilly j’avais eu l’impression qu’elle m’étouffait, aujourd’hui 0 prises de risques.
J’ai la boule au ventre, gros gros stress avant le départ, comment ça va se passer? Est ce que je vais bien nager? Est ce que ça va être la guerre?
Il y a de plus en plus de monde sur la ligne, c’est serré serré, on est maintenant 10 de profondeur avant la mer, je suis en 2ème ligne.

Il y a la musique à donf, le DJ est bon, j’ai du mal à entrer dans ma bulle, mais je ressens toute l’excitation autour de moi, les athlètes, le public, ça y est, j’y suis, il reste 10min.
Petite envie de pipi, je vais me retenir, pas envie de passer 1h dans ma pisse.
On annonce le départ des pros 5min avant nous, oh lala ça approche.
J’averti tout mon sas d’y aller cool: “hey les gars, on en a pour 10-12h d’effort, alors on va éviter de se mettre sur la gueule dans les 10 premiers mètres, okay?”
Tout le monde acquiesce, cool.
Ça y est, les pros s’élancent, ouhhhhhhh ça va être à nous, je sais que maintenant tout va aller très vite. J’enfile mes lunettes, je suis prêt, comme jamais je ne l’ai été. 5,4,3,2,1 GO
C’est parti, la 1ère ligne s’élance en courant, ils plongent, je n’attend pas de me faire piétiner et je m’élance moi aussi, en courant. Je plonge. Cool mes lunettes ont pas bougé, pas d’eau dedans, je démarre, les gars devant moi ont le bon rythme, je leur remonte pas dessus. Pareil derrière ça suit mais ça me monte pas dessus, ça se passe bien, on est entre gens civilisé
Y a du monde, mais je navigue entre les gens, je nage bien, bonne allonge, pas de mauvaises sensations, ça se passe plutôt bien se départ.

On approche des 2 bouées qui nous serviront tout à l’heure de 2ème boucle. On doit passer au milieu.
Ça se ressert, je prend des coups, mais rien de violent. Les bouées passées, je retrouve de l’espace et j’allonge mes mouvements. Ça glisse bien. 500m la montre affiche 1’35 au 100m c’est bon ça. Je suis dans le tempo, le souffle est bon, je me suis pas emporté au départ.
Je vois la bouée suivante, elle est loin, très loin. J’enfonce ma tête, je glisse au maximum, ça file.
1km, on est pas encore à la bouée, elle est grande cette 1ère boucle.
Je commence à doubler du monde, beaucoup de monde, toujours sur le même rythme pour moi, ce sont ceux qui sont parti trop vite qui faiblissent.
1ère bouée du fond du parcours, 1er virage à droite, ça se resserre, je suis à la corde, ça fight, mes lunettes sautent, je me met sur le dos en battement pour les remettre, impec, je me retourne, c’est reparti.
2ème bouée on vire encore à droite, direction la terre.
Impossible de voir la plage, ni la sortie avant la 2ème boucle, je me repère à l’oeuvre d’art à côté de mon vélo qui est énorme pour m’orienter.
1,5km je me sens bien, je nage sans effort, et je double encore pas mal de monde, par contre il y a du courant, on zigzag pour essayer de garder le cap

2km on approche du bord, je repère la sortie, je suis un poil à gauche, mais pas trop loin. Le niveau s’équilibre, je nage à la même vitesse que les autres maintenant, j’essaye de profiter au maximum de l’aspiration, mais dès que je prend des pieds, je dépasse.
Je commence à sentir une légère irritation dans le cou, à force de lever la tête pour me repérer.
Ayé on rejoint le bord, dur dur la sortie de l’eau, la tête qui tourne, je désembue mes lunettes en courant, et hop je replonge, c’est reparti.

Je vois pas trop les bouées et je suis vachement sur la gauche du peloton.
Finalement je vois une bouée, cool je suis dans la ligne, mais bizarrement tout à gauche du peloton.
Un jet ski se rapproche de moi, il siffle, je suis pas dans la bonne ligne, je me suis trompé de bouée, elle est beaucoup plus à droite, il faut que je corrige le tir.
Je reviens dans le peloton, mais je me retrouve encore à la corde pour passer la bouée, il y a moins de monde, mais ça reste sport.
La bouée suivante est proche, je la prend large, pas de soucis.
Toujours aucune fatigue, mais la montre à déjà sonné les 3,5km et on est encore très loin de la plage.
Zut je suis encore à gauche, mais je vois les bouées jaunes de sorti, alors je continu.
Au bout d’un moment un jet ski me siffle à nouveau, en fait on sort pas aux bouées jaunes mais à l’arche bleu, qui est plus à droite, grrrr je corrige.
Ça bip 4km et y a encore du chemin. Mais je suis pas fatigué, pas mal au bras, toujours dans le même rythme. Juste cette irritation dans le coup, j’espère ne pas avoir trop gratté la peau.
Ça y est, on sort, 1h07, moins bon que prévu, mais pas mal quand même. Je passe sous la douche en enlevant ma combi, et je cours vers la transition.

Je lève les bras sous la clameur du publique, quelle ambiance.
Je vois mon père, il m’encourage, puis Séverine, j’arrive au sac, je peine à trouver le mien.
Je file dans la tente, changement intégrale. Ça prend du temps, j’arrive pas à me sécher, le cuissard colle, j’arrive pas à l’enfiler, pareil avec les chaussettes, c’est la lutte.
Je déconne avec les autres gars dans la tente, puis je décolle, pause pipi dans le chiotte qui est maintenant immonde, je ressors et j’attrape mon vélo.

Je sors du parc, j’enfourche, et c’est parti.
Même pas 500m et un mec fait un écart, emmenant un gars au tapis, il glisse sur la fesse sur 10m, les boules.
On commence par longer la promenade des anglais, puis on file dans les terre, 17km de plat.
Mon cœur est un peu emballé, 160bpm, j’essaye de me calmer.
2km et je vois le 1er gars en train de réparer une crevaison, pas de bol.
Je me fais doubler de tous les côtés, principalement par des gars sur des super vélos de contre la montre, ils envoient du gros, je me demande comment ils vont tenir ce rythme sur 180k et courir derrière, c’est des monstres.
Ça y est le cœur descend à 140bpm, je roule au dessus de 35 km/h, tout va bien. 15km: 1er ravito, je balance une de mes gourdes et j’attrape de l’isostar, pour goûter leur mélange. C’est trop concentré pour moi, alors je prend une gorgée dans cette gourde, puis 2 dans l’autre, eau pure.
17km: 1er coup de cul, c’est bien bien raide, 10-12% mais très court, ah tout d’un coup on me double plus, tout le monde souffle dur, moi je suis cool, cardio à 160-170, je gère.
Je suis bien content d’avoir remis le plateau de 34 à la place du 36.
Ensuite un peu de plat, puis on attaque les montées, pente douce, je grimpe à 30 km/h mais toujours les avions qui me doublent, ça n’arrête pas. J’ai pas l’habitude de me faire autant doubler sur le vélo.
Pour le moment je mange mes barres de céréales, j’ai l’estomac solide, tout se passe bien.
42km: ravitaillement, j’attrape une bouteille d’eau et un morceau de banane, j’ouvre mes gourdes et je fais le plein, j’ai pas bu grand chose encore, mais en refermant celle d’eau, elle gicle du vélo, pas le temps de la reprendre, mais un peu plus loin je vois une bouteille d’eau par terre, qu’un gars à du faire tomber, je stop, la ramasse, nickel la bonne taille pour le porte bidon, je repars. Je fais gaffe en refermant la gourde d’isostar, et je pousse.
Petite descente, et là c’est le drame, km46, je vois le gars sur le bord de la route, il est inerte, quelqu’un prend son pouls, il y a du sang sous sa tête, j’ai mal. Je passe l’heure suivante à prier pour lui, les kilomètres défilent sans que je m’en rende compte, je pleure.
Et puis la course continue, les juges ne disent rien, dans l’ignorance, j’oublie.
52km, 2eme partie de la montée, bon rythme je suis toujours au dessus de 25 km/h de moyenne. Bon les jambes font un peu mal, il faut gérer mieux que ça.
60km pour moi c’était la fin de la montée, bon j’avais lu le tracé de travers encore, j’ai 45min d’avance sur mon plan, mais en fait il reste 10km de montée.
Il y a un ravito, ce coup là je choppe une autre gourde, et je la vide à moitié, ensuite je choppe une bouteille d’eau et je fais le plein de mes gourdes, parfait, la bonne concentration. J’attrape un gel et un bout de banane, et ça continue, et tout ça en roulant mesdames messieurs.
A la fin de la montée, j’ai toujours 15 min d’avance sur mon plan, c’est le ravito perso. J’ai pas vraiment eu chaud, et j’ai pas vraiment faim, mais comme c’est bien organisé, je gueule mon numéro et on me file mon sac au moment ou je stop le vélo. J’attrape ma bouteille et je repars. Dommage j’aurai du prendre un sandwich pour plus tard, ça m’aurait changé des barres de céréales. Je bois un peu de bouillon salé, ça fait du bien, ça change de l’isostar.
Pour moi maintenant ça descend pendant 120km à 40 km/h de moyenne avec juste une bosse à un moment. Ça pique un peu derrière les jambes, mais rien de grave. Je me vois déjà poser le vélo en 5h30, en plus le ciel est couvert, donc un marathon aux alentours de 4h15 est possible. Flirter avec les 11h pour mon 1er Ironman ?
Mais non, en fait on reste en haut de la montagne, et ça enchaîne les petites bosses, la moyenne tourne autour de 30 km/h sur cette partie, je me vois maintenant finir le vélo en 6h30.
Mais finalement on attaque les vrais descentes, et là je vole, j’ai toujours l’image du crash dans la tête, je ne prend pas de risques, mais je double beaucoup de monde, je rattrape même quelques avions
A nouveau une portion de plat, grrr ça me saoule, je rattrape un gars dont le vélo couine, on discute un peu, il me dit qu’il y a encore pas mal de descente un peu plus loin.
Effectivement ça repart, et je file. Y a quand même 2 gars qui m’auront doublé dans la descente.
A un moment après avoir bu, je range la gourde sur le vélo, et là un trou dans la route, je rate le porte bidon, la gourde se vautre par terre, et le gars avec qui je discutais l’évite de justesse. Voilà comment on se prend une gamelle.
A chaque ravito je choppe un gel et 2 morceaux de bananes, avec les barres de céréales que j’avais dans les poches au départ, j’ai une bonne alimentation. Au départ je mangeai toutes les 40min, quand je me suis senti plein, j’ai continué au feeling.
A nouveau les 17km de plat, c’est pas le moment de faire le con, continuer à doser l’effort, je me fais encore doubler, mais je me retiens, je garde mon rythme. Bon sang je prend sur moi là.
Ça y est on longe la promenade des anglais. Plus que 5km. J’ai hâte de courir, je commence à avoir mal au cul.
Je passe devant mon père et sa belle fille, ils m’encouragent à fond, je défais mes chaussures en roulant, démonte de mon vélo, et passe la ligne de transition, 6h tout rond, pile poil dans mon objectif.
Je vois Sev au bord du parc, je lui souri, je suis content, jusque là, tout va bien. Je termine la partie “facile” de l’ironman, j’ai bien dosé le vélo.

Check rapide de l’état du bonhomme, j’ai mal au cul, mais ça va passer en courant, j’ai une légère tension dans le bas du mollet gauche, comme à la fin du 400k et pendant la course à pieds des triathlons cette année, mais faible en intensité, ça devrait pas gêner.
Je cours poser mon vélo, pause pipi, j’attrape mon sac et je pars me changer.

J’ai pris la décision de ne pas faire la course avec une seule tenue pour être le plus confortable possible, je suis pas à 10min près, je veux profiter de ma course, et me sentir bien.
La combi de triathlon est pas assez confortable sur le vélo, et le dossard glisse lors de la course à pied.
Avec un vrai cuissard sur le vélo et un short super léger pour la course, je me sens vraiment mieux.
Ca y est je suis prêt, c’est parti pour le marathon. Je repasse devant Sev, elle est aux anges, soulagé de revoir son mari après les tristes nouvelles et les bruits d’ambulance. Je cavale.

Ça part un peu vite, 5’10/km il faut ralentir. Je passe à 5’30, toujours trop rapide, ayé 5’45, c’est mon objectif au moins sur le 1er semi marathon.
Mais à peine 1km passé, ayé l’envie de caca est là. Au 1er ravito tous les chiottes sont pris.
Je mouille mon buff (foulard que j’ai mis sur mon crane pour me protéger du soleil) en me versant un verre d’eau sur la tête pour me rafraîchir, je croque 2 morceaux d’orange et je cavale.
Je sens la douleur dans le mollet gauche, mais elle est faible, et ça devrait pas aggraver vu l’allure à laquelle je cours.
1.7km plus loin, 2e ravito, cool les chiottes sont libres, ouh lala c’est une étuve là dedans, et quelle odeur, ouf il y a du PQ, je nettoie la cuvette et je fais mon affaire, en transpirant comme un bœuf. Mais en sortant, c’est le bonheur, il fait frais en comparaison.
Je passe au ravito, je me lave les mains, à nouveau 2 oranges, un bout de banane, 2 verres d’eau et c’est reparti. J’ai perdu que 2 min dans l’affaire, c’est rondement mené.
Je file toujours sous les 6min/kil, mais en approchant de l’aéroport, il commence à faire très chaud, j’y peux rien, je ralentis, le cardio est très haut, il faut que je me calme. Je trottine, 6’05/km. Je me traîne.
3e ravito de l’aller, et toujours le même protocole :
Je me met à marcher
Je bois un verre d’eau
Je m’asperge la tête
Je mange/suce des quartiers d’orange
Une banane ou un gel en fonction de l’envie
Une gorgée d’isostar
A nouveau je bois un verre d’eau
Un autre sur la tête
Et dès que je sors je me remet à courir
La répétition c’est un minimum de réflexion, je m’hydrate et je mange, et surtout dès que je sors je cours, je m’interdis de marcher avant le prochain ravito. Et les kilomètres s’enchaînent. C’est dur, mais j’ai le moral. Je pense à la famille, mais surtout au prochain ravito.
Sur la parcours mon père et Dijun (sa belle fille) font des aller-retour en moto pour m’encourager, c’est extra. Sev, elle, m’attend dans la tribune.
Ça y est, j’arrive à la fin de la 1ère boucle, 1h03. Je sonne la cloche qui fait un don d’1€ pour l’oeuvre caritative sponsorisée par l’ironman, et je prend le virage devant la tribune sous l’ovation du public. Je récupère mon 1er chouchou, le vert et j’enchaîne.
En route pour le semi marathon.
A nouveau l’enchaînement des ravitos. A l’aller le soleil est de face, c’est dur.
Et je double mes 1ers adversaires, oui oui, Tom l’escargot de la course à pied qui double. Je repère ceux qui ont le même chouchou que moi, et je compte les victimes.
Le père et Dijun sont là tous les 500m, je leur demande d’espacer un peu leurs encouragements, j’ai pas le temps d’entrer dans ma bulle, et même si ils me permettent d’oublier la douleur, j’ai besoin de me concentrer pour garder ma vitesse constante, courir sans me fatiguer.
Arriver à l’aéroport, toujours aussi chaud par là. Que c’est dur, c’est la partie la plus longue.
Je retrouve un gars, la cinquantaine avec qui j’avais discuté sur le vélo, et là une vieille blonde lui saute dessus et l’encourage.
Il revient vers moi et me dis “si tu l’avais connu y a 20 ans, c’était une bombe cette nana, j’en ai fait des trucs avec elle”
HAHA ok mec, bon j’accélère, j’ai pas envie qu’il me raconte toute sa vie sexuelle. Heureusement il s’accroche pas, il a des crampes.
Je commence à avoir la dalle, une grosse dalle. Les oranges et les bouts de bananes ça suffit pas, il me faut du costaud.
J’arrive au ravito ou il y a le sac de ravito perso. J’attrape le mien, dedans du bouillon bien salé, et un sandwich au beurre de cacahuète, exactement ce qu’il me faut. Je m’attarde pas au ravito, mais pour manger correctement, je repars en marchant et en mangeant mon sandwich.
Ahhh ça cale, j’espère que je vais pas me défoncer l’estomac avec.
Je me remet à courir, impec, tout va bien, la fringale est passé.
Bon je suis toujours aussi lent, mais je cours, et quand je pense au temps que ça prendrait en marchant, je lâche rien, je cours.
19km, j’ai le mollet droit qui tire, je change ma foulée, pour atterrir un peu plus sur le talon, et tout de suite ça disparaît.
Ça y est je revois Sev, c’est le semi marathon, 2h14, je récupère mon 2e chouchou, le jaune.

Encore 2 tours, allez allez.
L’effort reste constant, c’est dur, mais je ne suis pas en surchauffe, le cardio s’est stabilisé autour de 160bpm. Allez cours Tom, cours.
Mais la foulée talon réveille les douleurs aux genoux, le fameux syndrome de l’essuie glace fait son apparition. Tant pis va falloir que ça tienne.
Je double de plus en plus de monde, j’en suis à 20 victimes sur mon tableau de chasse
Je me met à chanter, pendant près d’1h je vais avoir “Rio de Janvier” d’Elmer Food Beat dans la tête. J’essayerai bien “Daniela” et “Est-ce que tu la sens”, mais Rio reviens toujours.
Toujours le même protocole au ravito, quand je commence à avoir faim je mange un peu plus de banane ou je rajoute un gel. Pas de problème digestif, je sens bien que c’est limite, mais ça passe, et je continue.
Je dépasse les 23km et ça y est, je cours dans l’inconnu, j’ai jamais fait autant de km, mais pas de soucis, je fléchis pas, le rythme fluctue légèrement mais c’est bon.
J’ai un peu mal au pied, le petit orteil droit, et l’orteil le plus proche du pouce du pied gauche. Mais bon ce sont des petites douleurs, et au fil des kilomètres je n’y fais plus attention.
Je pense au 30e km, tout le monde en parle, du mur, je me dis que je vais rien lâcher, j’essaye même de pas y penser, mais plus je m’en rapproche et plus j’y pense.
Demi tour à l’aéroport je ralenti sévèrement, quelle chaleur. Je ne me sens pas mal, mais j’arrive pas à garder le rythme.
28km, toujours pas de mur, je continue.
29km ça commence à piquer dans les quadriceps, chaque pas fait mal, mais un bon gros “vos gueules les jambes” et je continue de courir, jamais je ne m’arrête, juste je marche au ravito, et dès que je sors, je cours.
Et courir ça fait toute la différence, je double un paquet de gars qui marche, encore des petites croix en plus.
Ça y est je revois Sev et là je sais, je vais y arriver, il me reste un aller-retour, un seul.

3h26, je tourne à 1h15 l’aller retour, aie, ça va me faire finir au delà des 12h, et plus de 4h40 au marathon, 2 objectifs que j’aimerai bien battre.
Alors j’essaye d’accélérer, mais je me dis que c’est trop tôt, que je vais me griller, 10k c’est trop à ce niveau là. Je continue sur mon rythme.
Passé le 2e ravito un gars me rattrape, et me dis qu’il m’avait repéré au demi tour, et que je l’ai rattrapé, je comprend rien, je fatigue? on discute un peu, mais il tourne à 7min/kil, je lui souhaite bonne chance, et je le lâche, en fait il était devant moi et c’est bien moi qui l’ai repris.
Je croise mon père, il me dit que j’ai l’air bien, bon rythme, mieux que les autres. Je lui annonce que j’ai déjà doubler 43 athlètes depuis le début du marathon, il se marre de savoir que je compte. Je lui dis de m’attendre au bout, à l’aéroport, que ça va être dur et que j’ai besoin de support.
Il reste 7km, allez c’est le moment. Je fais mon effort. Je redescend à 6min/kil, et même en dessous, mais au virage de l’aéroport, je n’arrive pas à tenir le rythme, je ralentis à nouveau, mais pas trop. Je prend un gros ravito à 4.5km de la ligne, et je relance, ce coup là c’est jusqu’au bout. Les ravitos suivants je choppe les verres au vols, en courant, les volontaires sont à fond avec moi, gros encouragements, c’est génial.
Je vole, je suis sous les 6min, 2km de l’arrivée, mais là la douleur que j’avais depuis quelques kilomètres dans le petit doigt de pied droit s’intensifie, c’est une ampoule qui éclate, ouahhhh ça pique, sévère, mais je lâche rien, je continue dans mon effort, je double ma 65e victime, et je vois la ligne, et je vois l’horloge, 12h00’00, ALLEZ TOM tu peux finir dans la minute, un signe à Sev en passant, mais je lâche rien, et je passe en 12h00m23s. Quelle dernière portion de marathon de folie.

Je suis un Ironman, j’ai couru un marathon, pour la 1ère fois de ma vie, après 3.8km de natation et 180km de vélo.
Sev est bloquée derrière les barrières, elle ne peux pas me rejoindre.
Je file au ravito d’après course, mais là rien ne rentre, et 10min après avoir franchi la ligne, je ne peux plus bouger les jambes, complètement tétanisé. Monter un trottoir est un exploit, je lutte comme un fou pour m’asseoir.
Et finalement je n’ai pas faim, l’estomac gorgé de sucre ne veux plus rien avaler. Même la bière que mon père m’a apporté, bien fraîche, ne passe pas.
Alors dans un ultime effort, je me relève, et rejoins Sev qui m’attend au parc à vélo.
Je me change dans des douleurs atroces, mes jambes sont d’une raideur incroyable. Moi qui avait imaginé m’arrêter pour me reposer si j’avais eu un coup de barre sur le marathon, je n’aurai jamais pu repartir. DON’T STOP.

J’embrasse enfin ma femme, et on commence à rentrer, mais je peine tellement à marcher, que je rentre en vélo, tout doucement, en suivant le tramway.
Je me pause en bas de l’immeuble et j’attend que sev arrive, il faut qu’elle m’aide à me relever. On rentre dans l’appart et je m’affale sur une chaise. C’est fini je bouge plus. J’ai le sourire gravé sur le visage, que c’est bon.
THOMAS VERIN
Rank: 245
Overall Rank: 1149
BIB:
1463
Division:
AK M35
State:
Crozet
Country:
FRA
Profession:

Swim:
1:07:45
Bike:
6:00:06
Run:
4:34:53
Overall:
12:00:23
CONGRATULATIONS, THOMAS, ON YOUR FINISH!
Split Name
Distance
Split Time
Race Time
Pace
Div. Rank
Overall Rank
Gender Rank
2.4 km
2.4 km
42:35
42:35
1:46/100m

3.8 km
1.4 km
25:10
1:07:45
1:47/100m

Total
3.8 km
1:07:45
1:07:45
4:50/100m
126
641
604

Split Name
Distance
Split Time
Race Time
Pace
Div. Rank
Overall Rank
Gender Rank
27.9 km
27.9 km
57:56
2:15:26
28.90 km/h

56 km
28.1 km
52:53
3:08:19
31.88 km/h

70 km
14 km
52:00
4:00:19
16.15 km/h

105 km
35 km
55:07
4:55:26
38.10 km/h

118.5 km
13.5 km
39:53
5:35:19
20.31 km/h

144 km
25.5 km
45:00
6:20:19
34.00 km/h

180 km
36 km
57:17
7:17:36
37.71 km/h

Total
180 km
6:00:06
7:17:36
29.99 km/h
194
906
878

Split Name
Distance
Split Time
Race Time
Pace
Div. Rank
Overall Rank
Gender Rank
5.3 km
5.3 km
31:55
7:57:25
6:04/km

10.5 km
5.3 km
32:07
8:29:32
6:07/km

15.8 km
5.3 km
33:23
9:02:55
6:21/km

21 km
5.3 km
37:15
9:40:10
7:05/km

26.3 km
5.3 km
35:51
10:16:01
6:49/km

31.5 km
5.3 km
36:18
10:52:19
6:54/km

36.8 km
5.3 km
35:15
11:27:34
6:42/km

42.2 km
5.4 km
32:49
12:00:23
6:01/km

Total
42.195 km
4:34:53
12:00:23
6:30/km
245
1149
1101

T1: SWIM-TO-BIKE
9:45
T2: BIKE-TO-RUN
7:54

Je passe une nuit horrible, j’ai trop mal aux jambes, impossible de trouver une position correct. Le lundi, je ne peux pas marcher, je commence à avoir très mal aux hanches, et ma cheville gauche est complètement bloquée.
Le mardi les douleurs aux cuisses s’apaisent, aux hanches aussi. J’ai toujours la cheville douloureuse, mais j’arrive à marcher un peu.
Par contre mes 2 chevilles sont enflées, et je ne peux pas enfiler mes baskets, heureusement j’ai des tongs.
On repars mardi matin en passant par l’Italie. On en profite pour se faire un resto en bord de plage.

On file ensuite vers la vallée d’Aoste, j’adore ce coin. Une pause au supermarché pour faire le plein d’huile d’olive et de Parmesan, puis on passe le tunnel du Mont Blanc, et il est déjà l’heure de manger, alors on fait une pause à Chamonix pour se faire une bonne raclette.

Vraiment sympa ce weekend en amoureux, un peu douloureux mais sympa.
Et enfin nous voilà chez nous, la vie reprend son cours, vivement les prochaines aventures.
(Grand raide crysalp, forestière, Saintélyon?) Tiens j’ai fait les comptes, sur le vélo j’ai mangé 5 barres de céréales, 3 gels et 3 bananes.
Sur le marathon 50 morceaux d’oranges (environ 8 oranges je pense mais je les ai sucées plus que mangées) 20 morceaux de bananes (environ 5 bananes) 3 gels, un demi sandwich au beurre de cacahuète.